Créer son entreprise en 2021 : les 15 étapes à suivre

Juliette Lécureuil – 18/01/2021

Le mois de janvier est traditionnellement un des mois avec le plus grand nombre de création d’entreprise. Créer son entreprise est une démarche qui en fait rêver plus d’un. C’est votre cas ? Avant de vous précipiter sur les sites de création d’entreprise en ligne, découvrez  ci-dessous comment concrétiser votre rêve, étape après étape.

Comment avoir des idées innovantes ?

Vous souhaitez entreprendre mais n’avez pas encore eu LA bonne idée ? Pas de panique ! Commencez par observer autour de vous et vous poser les bonnes questions : quelles sont les tendances qui font parler d’elles au moment où vous lisez ces mots ?

 Y a-t-il des situations problématiques auxquelles vous ou vos proches – n’hésitez pas à leur demander – faites face au quotidien, et auxquelles aucune solution n’a encore été apportée ? De quel concept rêvez-vous qui n’a pas encore été inventé ?

 Si l’on vous conseille de vous interroger de cette manière, c’est parce que si créer une entreprise est une chose, en créer une qui se différencie des offres concurrentes sur le marché et réponde à un vrai besoin (et donc, soit un succès) en est une autre.

Créer son entreprise signifie passer des bons mais aussi des mauvais moments alors autant que votre projet vous passionne.

J’ai une idée : comment la protéger ?

Vous avez une brillante idée de création d’entreprise ? Félicitations à vous ! Pour éviter que quelqu’un ne la concrétise avant vous, protégez-la en déposant une enveloppe Soleau à l’Inpi.

 Moins chère que le brevet, l’enveloppe Soleau est un moyen de preuve simple du fait que vous êtes bien l’auteur de votre idée (peu importe la nature de cette dernière). Si l’exécution est plus importante que l’idée, vous pourrez ainsi dormir sur vos deux oreilles en attendant de l’avoir concrétisée.

Réaliser des interview utilisateurs

Procédé prisé des UX designer, l’interview utilisateur permet de trouver le meilleur produit possible. Si elle est souvent utilisée pour avoir des retours sur un produit déjà existant, elle peut aussi l’être pendant la période de création d’une entreprise.

 Sélectionnez quelques personnes autour de vous – pas votre maman, elle risque de trouver tout ce que vous lui proposez formidable, même ce qui ne l’est pas (spoiler : le collier de nouilles que vous lui avez offert en maternelle n’était pas vraiment ouf…) à qui faire tester le produit.

 Une fois la phase de test terminée, posez-leur des questions en n’oubliant pas de leur demander de renseigner leur âge, leur mode de vie, leurs habitudes de vie et de consommation.. Afin de pouvoir mettre en relation ces données avec l’utilisation qu’ils auront fait du produit.

 Posez-leur des questions ouvertes en restant dans une posture neutre : pour quoi/quand/combien de fois par jour ont-ils utilisé ce produit ? Leur retour vous aidera à affiner le produit, mais aussi votre positionnement.

Essayez de demander à des personnes qui correspondent à votre cible, n’hésitez pas à passer du temps sur cette étape. Une phase d’échange et de compréhension du marché est nécessaire avant de créer votre entreprise.

La méthode « minimum viable product »

Aussi appelé MVP, le minimum viable product est un processus d’innovation – souvent associé à la méthode agile – qui désigne le fait de proposer d’abord une version minimaliste d’un produit à des utilisateurs, afin de perfectionner le produit en fonction de leurs retours.

Le but, c’est de partir d’un produit le plus basique possible, et d’y ajouter des spécificités ou  des fonctionnalités qui correspondent vraiment aux besoins de leurs futurs utilisateurs.

 Si votre création d’entreprise est basée sur la commercialisation d’un produit ou d’un service phare et/ou innovant, mettre en place cette méthode vous permettra de coller parfaitement à la demande et maximisera vos chances de vous différencier de vos concurrents.

Évaluer sa faisabilité grâce à l’étude de marché

Afin d’évaluer la faisabilité de votre idée, rien de mieux que de réaliser une étude de marché. Comme son nom l’indique, cette dernière a avant tout vocation à définir le marché au sein duquel l’entreprise que vous êtes en train de créer va évoluer.  Vous devrez pour cela :

vous interroger sur la taille et la géographie de votre marché : ciblez-vous seulement les clients ou les utilisateurs de votre département, ou votre produit/service a-t-il vocation à être commercialisé dans toute l’Europe ?

analyser la demande : combien de clients pour le marché que vous avez identifié ? Quel est leur comportement (n’hésitez pas à vous appuyer sur vos interviews utilisateurs) ? Quel est le chiffre d’affaires potentiel du marché ? ;

détailler l’offre : que proposent les concurrents ? Avec quelles spécificités ? Quelle est leur part de marché ? ;

mais aussi évaluer les conditions dans lesquelles vous envisagez de créer votre entreprise : la conjoncture économique est-elle favorable ? Les habitudes de consommation vont-elles dans le sens de votre produit/service ? 

Bref, posez-vous le maximum de questions possibles afin d’être certain que votre idée est réalisable et que vous avez une place à prendre sur le marché.

Choisir le statut juridique le plus adapté

On peut penser que le statut juridique d’une entreprise est un détail : c’est faux ! En fonction du statut que vous choisirez, vous n’aurez pas la même fiscalité, pas le même régime social, pas la même responsabilité… Et n’établirez donc pas le même business plan (voir étape 9).

 Dans le cas où vous voulez tester une idée qui ne nécessite pas beaucoup d’investissements, opter pour le régime de la micro-entreprise est une bonne idée. Mais c’en est une mauvaise si vous devez acheter beaucoup de produits sur lesquels récupérer la TVA !

 Par ailleurs, si vous souhaitez distinguer au maximum votre patrimoine personnel de votre activité professionnelle, il sera plus judicieux de créer une EURL ou une SARL.

 Pour être aidé dans votre choix, n’hésitez pas à vous rapprocher de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA), de la Chambre d’agriculture ou de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de votre département : celles-ci prodiguent de nombreux conseils en la matière.

Choisir son statut juridique

Source : BPI France

Brainstormer pour trouver un nom

Attention : le nom que l’on choisit de donner à son entreprise peut avoir une grande importance. Si vous êtes plombier, cela ne sera pas forcément la chose la plus importante…

 Mais si vous lancez un business en ligne en revanche, vous serez identifié et référencé sous ce nom, qui devra être à la fois accrocheur, SEO-friendly et simple à retenir pour que les internautes aient envie de visiter et revisiter votre site internet.

 Essayez donc de penser à son rendu visuel, à la manière dont vous allez pouvoir le mettre en avant dans des slogans ou des publicités sur les réseaux sociaux… Bref, anticipez !

Déposer le nom trouvé à l’INPI

Peu importe la nature du produit ou du service que vous vendez, vous allez certainement devoir déposer une marque à l’INPI.

 C’est une étape primordiale : le dépôt de marque permet de protéger ses produits ou ses services en évitant que d’autres ne s’en emparent et les exploitent à leur compte.

 Par ailleurs, la marque est également élément de votre stratégie commerciale : c’est elle qui vous distingue de vos concurrents et fonde votre identité. Vérifiez donc que le nom que vous aviez en tête est disponible, et déposez-la s’il l’est.

 Vous pouvez le faire par voie électronique sur le site de l’INPI : la procédure est très simple et vous recevrez un accusé de réception portant le numéro de votre dépôt.

En complément du dépôt de nom à l’INPI, vous pouvez également déposer un brevet si votre produit le nécessite. Cette démarche se réalise également auprès de l’INPI et est expliquée dans l’infographie ci-dessous.

créer son entreprise

Établir un business plan afin d’être financé

C’est muni de votre business plan que vous allez pouvoir aller frapper – c’est une expression… Ne le faites pas ou vous allez passer pour un dingue – à la porte des investisseurs pour obtenir des financements. Pour cette raison, il vous faut le rédiger de manière sérieuse, en incluant :

  la raison d’être de votre entreprise : à quel besoin répond-elle ? Dans quel marché trouve-t-elle sa place ? Pourquoi la lancer maintenant ? ;

la stratégie (calendrier, moyens mis en œuvre, etc.) que vous envisagez de mettre en place pour son développement : quels logiciels allez-vous utiliser ? Dans quel but ? ;

  la cible que vous visez : quels clients/utilisateurs ? Pour satisfaire quel besoin chez eux ? ;

 Pour établir ce business plan, n’hésitez pas à vous appuyer sur les éléments de votre étude de marché, en y ajoutant bien sûr tous les éléments financiers que vous estimez nécessaires… Comme par exemple un prévisionnel financier.

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Réaliser un prévisionnel financier

Comme évoqué ci-dessus, votre prévisionnel financier doit également contenir des données chiffrées, qui constituent une sorte de traduction financière de votre projet. Parmi les tableaux que vous pouvez y joindre, on recense notamment :

le plan de financement si votre projet nécessite d’être financé ;

le plan de trésorerie ;

le bilan et le compte de résultat prévisionnels ;

un tableau contenant des indicateurs tels que le besoin en fonds de roulement (BFR) ;

L’objectif de ce prévisionnel, c’est d’avoir un outil de pilotage de référence pour la suite, mais aussi de montrer à un potentiel investisseur que vous avez conscience des réalités économiques qui jalonnent une création d’entreprise et que vous avez approfondi votre sujet.

Si nécessaire, trouver le local qui convient

Toutes les activités ne nécessitent pas de local commercial. Néanmoins, si vous souhaitez ouvrir un commerce par exemple, le choix du lieu sera essentiel.

 Avant de réaliser votre business plan, assurez-vous d’avoir un lieu en tête : selon que le local est grand ou non, se situe dans une rue passante ou non, à proximité de places de stationnement ou non, dans un quartier excentré ou non, vous ne pourrez pas vous attendre à la même fréquentation.

 Une fois le local trouvé, vous aurez tous les éléments requis pour présenter votre projet de création d’entreprise à des investisseurs, si toutefois vous avez besoin d’être financé.

Se mettre en quête de financements

Ce n’est pas le cas de tous les entrepreneurs – l’activité de certains ne nécessitant aucun investissement de départ –,  mais si vous avez besoin de financements pour lancer votre activité, vous devrez trouver des fonds.

 Prêt bancaire, recours à l’une des aides à la création d’entreprise, campagne de crowdfunding… Les possibilités sont bien plus nombreuses qu’on ne le pense quand il s’agit de trouver des financements. Là encore, n’hésitez pas à vous rapprocher de la chambre dont vous dépendez.

Effectuer les formalités administratives

Une création d’entreprise, qu’il s’agisse de la création d’une micro-entreprise, d’une SASU ou d’une SARL, nécessite quelques formalités administratives.

 D’abord, l’immatriculation au Centre de formalité des entreprises (CFE) dont vous dépendez, puis l’ouverture d’un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle.

 Pour gagner du temps, vous pouvez toujours souscrire à une offre de création d’entreprise en ligne : les plateformes comme Legalstart, Captain Contrat, Formalizi… sont ouvertes à tous les entrepreneurs et se chargent de gérer leurs formalités juridiques dès la création d’entreprise.

Adhérer à des réseaux d’entrepreneurs

C’est la meilleure manière d’étendre et de cultiver son carnet d’adresse, mais pas que : rejoindre un groupe, un club ou un réseau permet aussi de bénéficier de nombreux conseils d’entrepreneurs, notamment en matière d’outils.

 Au-delà du conseil, adhérer à un réseau permet également d’être au fait du tissu économique de son territoire, et de ne manquer aucune opportunité.

 Un appel d’offre vient d’être publié ? Un de vos confrères entrepreneurs sera sûrement au courant. Vous devez vous fournir en matières premières ? Il y a certainement un fournisseur local qui vous permettra de réduire vos coûts d’acheminements.

Vous l’aurez compris : réseauter, ce n’est pas seulement ajouter des numéros à son répertoire… C’est aussi faire jouer l’entraide entre entrepreneurs.

Mettre un point d’honneur à être bien entouré

Être bien entouré est capital quand on se lance dans une création d’entreprise. Déjà, parce que l’on trouve généralement à travers ses proches ou son réseau un premier relai au moment de lancer son produit : n’hésitez surtout pas à leur parler de votre projet.

 Ensuite, parce que vous risquez de travailler – au moins les premiers temps – sans compter vos heures : soyez assuré que la ou les personnes qui partagent votre vie soit au clair avec cette idée et vous soutiennent dans votre démarche (pour le meilleur et pour le pire, comme dirait l’autre).

 Et pour terminer, parce que la vie d’entrepreneur peut être jalonnée d’épreuves que l’on ne voit pas toujours venir – la preuve avec l’épidémie de Covid-19 en 2020 et sûrement en 2021, qui a bouleversé l’agenda de pas mal de créateurs d’entreprise. Bref, soyez entouré, et partagez ce qui vous fait vibrer !

Bonus : combien de temps a pris la création de Tool Advisor ?

L’idée de Tool Advisor est née d’un besoin partagé par tous les entrepreneurs : ne pas perdre de temps dans la recherche de logiciel et trouver celui qui correspond à nos besoins.

Du MVP à la création

De début 2020 à septembre 2020, nous avons échangé avec des entrepreneurs/décideurs pour savoir comment faciliter la recherche de logiciels mais aussi avec des logiciels pour connaître leurs problématiques. Le site Tool Advisor a été créé en mars 2020 et nous avons testé, testé et encore testé jusqu’au lancement officiel en mars 2021 avec au passage 10 000 visiteurs par mois et plus de 300 recommandations mensuelles grâce à notre outil. La création du contenu, les analyses, la création de l’outil Tool Advisor et l’amélioration de nos recommandations ont pris du temps mais s’avèrent nécessaires pour proposer la meilleure expérience possible. 

De la création au lancement officiel

Après avoir testé l’idée (le MVP si vous avez bien suivi), nous avons du créer légalement Tool Advisor, comme la transparence est dans notre ADN, nous vous listons l’ensemble des étapes et le temps que cela nous a pris : 

Jour 1 : nous contactons un expert-comptable en ligne pour la création de Tool Advisor et ensuite gérer notre comptabilité ;

Jour 4 : rendez-vous avez un juriste pour rédiger le projet de statut ainsi qu’une prestation juridique complémentaire ;

Jour 11 : notre projet de statut est récupéré, nous devons déposer le capital social de Tool Advisor auprès d’une banque en ligne de notre choix.

Jour 12 : le dépôt de capital social nécessite de fournir de nombreuses pièces justificatives (pièce d’identité, justificatif de domicile, justificatif de domiciliation de la société et le projet de statut réalisé par l’expert-comptable en ligne). Ce n’est pas tout, vous imaginez bien que notre banquier traditionnel nous appelle pour savoir si ce virement conséquent est bien normal (et essaye de nous rattraper au vol pour créer un compte professionnel dans sa banque).

Jour 16 : le certificat de dépôt de capital social est disponible et nous le transmettons à notre expert-comptable en ligne pour obtenir les statuts définitifs et l’extrait K-bis, carte d’identité de Tool Advisor et document attestant de la création de l’entreprise.

Jour 18 : nous signons électroniquement les documents de notre dossier de constitution et ils sont envoyés aux greffes.

Jour 29 : réception du K-bis. Tool Advisor est officiellement créée, nous pouvons transmettre notre K-bis et demander la libération de notre capital social.

30 jours peuvent paraître longs, nous n’étions pas pressés par le temps et nous avons fait le choix de confier notre création à notre expert comptable. Si vous êtes pressés, certaines entreprises spécialisées vous proposent de recevoir votre extrait K-bis en 48h.

auteur-juliette Juliette Lécureuil

Journaliste

Juliette est une journaliste, rédactrice et community manager freelance. Spécialiste – entre autres – des sujets liés à l’entrepreneuriat, elle propose ses services sur thecontentbox.fr.

Ses trois logiciels préférés : Asana pour la gestion des tâches, Google Agenda pour les rendez-vous, et Zervant pour la comptabilité.

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