Bilan Comptable : Comment le lire et l’interpréter ?

Juliette Lecureuil – 20/01/2021

Le bilan comptable n’est pas seulement ce document financier que vous fournit votre expert-comptable à la fin de chaque exercice. Il doit être un outil au service de vos prises de décision. Le bilan comptable regroupe de nombreuses informations utiles pour mieux analyser la situation financière de votre entreprise. 

Aujourd’hui, Tool Advisor vous explique en détail et avec pédagogie ce qu’est un bilan comptable.

Bilan comptable, que signifie ce terme au juste ?

Véritable photographie à un instant T – généralement, à la clôture de l’exercice comptable –, le bilan comptable prend la forme d’un tableau offrant une vision d’ensemble sur la situation patrimoniale et financière d’une entreprise.

 Au même titre que :

le compte de résultat ;

et l’annexe comptable, le bilan comptable fait partie des tableaux qui composent les comptes annuels d’une entreprise et la liasse fiscale de cette dernière.

Sans rentrer plus avant dans le détail, le bilan comptable d’une entreprise fait la synthèse de ses capitaux – on parle d’actif du bilan –, mais aussi de ses dettes – qui composent quant à elles le passif du bilan.

À quoi sert de dresser son bilan comptable ?

En faisant le bilan comptable d’une entreprise, on s’assure d’une part de pouvoir lui conférer une valeur financière, et d’autre part de disposer d’un outil de pilotage indispensable à la mise en place d’une stratégie adaptée et efficace.

L’objectif du tableau, c’est qu’il contienne des données à la fois essentielles et lisibles en un coup d’œil. Pourquoi ? Parce que le gérant de l’entreprise, après lecture de ce dernier, peut procéder à des arbitrages en s’appuyant dessus.

En fonction de l’état de santé de l’entreprise, il peut ainsi :

remettre en perspective les décisions prises en se posant les bonnes questions, telles que « la stratégie mise en place est-elle vraiment la plus adaptée ? » (oui oui, même les chefs d’entreprise doutent parfois) ;

réaxer sa stratégie pour corriger le tir en cas de mauvaise santé financière.

 De la même manière, le bilan comptable peut être d’un grand intérêt aux yeux d’un investisseur qui aurait confié la gestion de son entreprise à un gérant : associé au compte de résultat et au plan de trésorerie, il permet d’avoir une appréciation rapide

de la sécurité de son investissement ;

et de sa rentabilité.

 En se mettant à la place d’un investisseur, on peut comprendre que ce dernier ait envie de garder un œil sur l’argent qu’il a investi… Ou alors, c’est qu’il s’agit du plus riche et irresponsable investisseur au monde.

Le bilan comptable, une étape obligatoire

Si le bilan comptable est utile, notamment au moment d’une cession d’entreprise au cours de laquelle il est important de rendre bien visible la valeur des outils de production et le montant des emprunts, il s’agit aussi une étape obligatoire.

 Un chef d’entreprise est en effet obligé d’établir son bilan comptable au moins une fois par an et de le faire parvenir à son centre des impôts, étant entendu qu’il fait partie des éléments qui composent sa liasse fiscale avec le compte de résultat et l’annexe.

 Néanmoins, et vous l’aurez compris, dresser le bilan comptable de son entreprise a de nombreux avantages au-delà du caractère obligatoire de la tâche : le tableau rempli constitue en effet un outil de pilotage indispensable à la poursuite de l’activité dans de bonnes conditions.

Cette obligation ne concerne pas certains entrepreneurs comme les micro-entrepreneurs qui bénéficient d’une comptabilité simplifiée.

Comment faire un bilan comptable ?

Comme disait Aristote ou quelqu’un d’autre, « Faire un bilan comptable n’est pas donné à tout le monde ». Pour commencer, il faut savoir qu’en tant que synthèse, le bilan comptable d’une entreprise se présente sous la forme d’un tableau à 4 entrées et deux colonnes, composé :

sur la colonne gauche de l’actif – l’actif immobilisé (entrée 1) et l’actif circulant (entrée 2) –, qui liste l’ensemble des biens et des créances possédés par l’entreprise ;

et sur la colonne droite du passif – les capitaux propres (entrée 3) et les dettes (entrée 4) –, qui recense la somme des dettes contractées auprès des différents créanciers dans le cadre du financement de l’activité (associés, fournisseurs, établissements bancaires, etc.).

Zoom sur l’actif et le passif : le détail

Actif immobilisé, circulant, capitaux propres et dettes… Parce que comprendre à quoi correspondent ces appellations peut être d’une grande aide – et parce qu’on est super sympas chez Tool Advisor – en voici le détail ci-dessous :

Qu’est-ce que l’actif immobilisé ?

L’actif immobilisé, c’est la catégorie qui inclut l’ensemble des biens destinés à être utilisés à long terme – autrement dit de manière durable –, aussi appelés « immobilisations ».

Parmi ces immobilisations, on recense les immobilisations incorporelles que l’on pourrait qualifier d’immatérielles puisqu’elles ne désignent rien de tangible –, que sont par exemple :

le fonds de commerce ;

les sites internets ;

les brevets ;

les marques ;

ainsi que les licences d’exploitation des logiciels comme le logiciel de caisse ou de signature électronique.

Mais aussi les immobilisations corporelles – que l’on pourrait qualifier de matérielles puisqu’elles désignent les biens matériels (immobilier, véhicules…) – et financières (titres de participation, dépôts, cautions, etc.).

 Attention : si l’actif immobilisé constitue une donnée indispensable à la lecture du tableau, cette dernière reste à relativiser. En effet, les entreprises produisant des biens ont un actif immobilisé important, tandis que celles prestataires de services ont un actif immobilisé de faible montant.

Qu’est-ce que l’actif circulant ?

Regroupant plutôt les éléments de l’actif mobilisables à court terme, l’actif circulant se compose des deux éléments suivants :

les stocks, qu’il s’agisse de marchandises, de matières premières, de produits intermédiaires ou finis, ou encore de productions et de prestations en-cours ;

ainsi que les créances clients, qui représentent les sommes restant dues à l’entreprise par ses clients pour la vente de biens ou de services.

À quoi correspondent les capitaux propres ?

Aussi appelés fonds propres, les capitaux propres représentent ce que l’entreprise possède, à l’exception des dettes. Pour différencier les capitaux de ces dernières, on parle de ressources stables.

 Ces ressources stables incluent évidemment le capital social, autrement dit l’ensemble des ressources apportées à la société par ses associés, ainsi que les réserves, c’est-à-dire les bénéfices des exercices antérieurs non distribués.

 Pour rappel, il existe deux formes de réserves : la réserve légale qui est une obligation pour certaines sociétés – les sociétés à responsabilité limitée (SARL, EURL) et les sociétés par actions (SAS, SASU, etc.) – et permet d’augmenter leurs capitaux propres.

Et la réserve statutaire, qui elle est facultative, et dont le taux et les conditions de constitution peuvent être mentionnés dans les statuts de l’entreprise dès sa création ou après.

Pour terminer, le dernier type de ressources pouvant entrer dans la catégorie des capitaux propres est le report à nouveau, qui correspond aux bénéfices antérieurs à la fois non distribués et non mis en réserve, que cette dernière soit légale ou statutaire. 

À quoi correspondent les dettes ?

Parmi les dettes qui figurent dans la colonne du passif, on compte notamment :

les dettes financières, que constituent le montant des emprunts restant dus ainsi que les apports effectués en compte courant d’associé ;

les dettes fournisseurs, correspondant aux factures reçues de la part de fournisseurs, mais pas encore acquittées ;

les dettes fiscales et sociales, parmi lesquelles la TVA, l’impôt sur les sociétés, mais aussi les salaires et les charges sociales ; 

les provisions pour risques et charges, permettant d’enregistrer des dettes potentielles dont ni le montant ni l’échéance ne sont précisément connus ; 

ainsi que les charges à payer, correspondant là aussi à des dettes potentielles mais dont le montant et l’échéance sont plus faciles à estimer.

 Pour rendre nos explications plus visuelles, vous pouvez consulter le schéma proposé par Coveto ci-dessous. On remercie l’entreprise française (en se demandant pourquoi aucun expert-comptable n’a fait un schéma sympatique).

bilan comptable

Qu’est-ce qu’un bon bilan comptable ?

Un bon bilan comptable, c’est avant tout un bilan équilibré. Autrement dit, un bilan dont le total de l’actif équivaut au total du passif.

Et c’est justement dans le cas contraire qu’il faut procéder à des arbitrages, de manière à rééquilibrer le bilan. Néanmoins, vous n’aurez peut-être pas toutes les clefs pour trancher… Et c’est là qu’intervient – roulement de tambour – l’expert comptable !

Confier son bilan comptable à un expert

Vous l’aurez remarqué à la lecture des paragraphes précédents : quand on n’est pas expert, il n’est pas facile de réaliser soi-même le bilan comptable d’une entreprise.

Finalement, c’est un peu comme se couper les cheveux soi-même. Certes, il est possible de tenter le coup avec ses ciseaux de cuisine en suivant un tuto YouTube… Mais on ne peut s’en prendre qu’à soi-même quand on finit avec la tête d’Edward aux mains d’argent.

Si de nombreux sites qui traitent de sujets entrepreneuriaux présentent des modèles de bilan comptable simplifié – on pense notamment au Journal du net ou au Coin des entrepreneurs, mieux vaut confier cette tâche à un expert comptable.

Pour éviter de perdre du temps et de vous arracher les cheveux, faites appel à un expert comptable.

Et si c’est le coût de la prestation qui vous freine, sachez que vous pouvez faire appel à un expert comptable en ligne.

Moins cher qu’un cabinet comptable physique, ce dernier se chargera non seulement de votre bilan, mais aussi – en fonction, bien sûr, de l’offre à laquelle vous souscrivez – de la gestion courante de votre comptabilité. 

Là encore, il y a beaucoup d’offres différentes… Pour choisir celui qui vous correspond, pensez à bien définir votre besoin au préalable… Et suivez notre mode d’emploi consacré au décryptage des tarifs !

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auteur-juliette Juliette Lécureuil

Journaliste

Juliette est une journaliste, rédactrice et community manager freelance. Spécialiste – entre autres – des sujets liés à l’entrepreneuriat, elle propose ses services sur thecontentbox.fr.

Ses trois logiciels préférés : Asana pour la gestion des tâches, Google Agenda pour els rendez-vous, et Zervant pour la comptabilité.

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