Vous le savez sûrement si vous utilisez plusieurs logiciels SaaS : les augmentations de prix sont monnaie courante. Si certaines se justifient parfaitement, d’autres sont des pilules difficiles à avaler…
Dans cet article, on revient sur les raisons qui poussent les SaaS à augmenter leurs tarifs, on passe en revue les pires façons de s’y prendre, et parce qu’on est trop sympas, on partage nos conseils pour limiter l’impact de ces hausses. Bonne lecture !
Pourquoi les SaaS augmentent-ils leurs prix ?
Les éditeurs de SaaS peuvent avancer de nombreuses raisons pour justifier l’augmentation de leurs prix. On peut les ranger dans 3 catégories :
- Les augmentations en lien avec la création de valeur, comme le financement de nouvelles fonctionnalités ou plus largement, l’investissement dans l’innovation, la sécurité ou les performances de l’outil ;
- Celles destinées à adapter le modèle économique du SaaS, pour s’aligner sur le marché après y avoir pris sa place grâce à des prix bas, ou adresser une nouvelle clientèle avec des offres premium ;
- Celles en faveur de la santé financière de l’entreprise, qu’il s’agisse de soutenir l’augmentation des coûts (infrastructure, IA, sécurité, etc.) d’augmenter sa rentabilité ou de renforcer son attractivité en vue d’une levée de fonds.
En soi, ces raisons sont valables… Mais la manière dont les prix augmentent, elle, ne l’est pas toujours. On dit souvent que le vrai prix d’un produit est celui que le client est prêt à payer, et certains éditeurs abusent de cet adage.
Prix des SaaS : zoom sur les 5 pires façons de les augmenter
Nous sommes abonnés à de nombreux SaaS, et plusieurs d’entre eux nous ont déçus en augmentant leurs tarifs de manière peu orthodoxe. Malheureusement, il suffit de scroller 10 minutes sur LinkedIn pour s’apercevoir que l’on n’est pas seuls… Florilège :
1. Les annonces 109 % mensongères
Première du top 5 des pratiques qui nous font grincer des dents : la communication trompeuse fondée sur une annonce mensongère.
Un scénario que nous connaissons pour l’avoir vécu avec le plugin WP Rocket, qui nous a adressé un gentil mail annonçant une “mise à niveau vers une solution sur-mesure” couplée à une belle remise de 20 % sur le prix annuel de l’abonnement.
La remise faisait passer l’abonnement de 199 $ par an à 159 $ par an… Sauf que ledit abonnement nous coûtait 95,20 $ l’année précédente. Autrement dit, la remise est une augmentation de presque 70 %, sans fonctionnalité supplémentaire !
Et la cherry on the cake pour couronner le tout : finalement, la fameuse remise de 70 % ne s’est pas appliquée, ce qui a fait grimper l’augmentation à 109 %. Yes.
2. L’augmentation annuelle des familles
Dans la vie, il y a les douilles isolées… Et les douilles répétées, auxquelles on est (par définition) obligé de s’habituer. C’est le cas des SaaS qui augmentent leurs prix tous les ans, le meilleur exemple pour ce cas de figure étant le logiciel SEO Ahrefs.
Aussi sûr que les hirondelles reviennent au printemps, Ahrefs augmente ses tarifs chaque année, sans jamais communiquer sur les raisons de cette augmentation ni proposer de fonctionnalités supplémentaires.
Ainsi, l’abonnement auquel nous avons souscrit pour le référencement de Tool Advisor est passé successivement :
- De 1246 € par an en 2024 ;
- À 1790 € par an en 2025 ;
- Pour finalement atteindre les 2290 € annuels en 2026, soit une augmentation de plus de 83 % en 2 ans.
Une seule chose à dire : sky is the limit, hâte de voir la suite !
3. L’ultimatum de façade
Ce 3e exemple vous est grâcieusement offert par Christophe Lafay, dirigeant d’une PME française spécialisée dans la mécanique de précision, et qui dénonçait dans un post LinkedIn les pratiques crapuleuses (oui, on balance) de Cegid pour augmenter ses tarifs.
Dans les faits, Cegid a “prévenu” le dirigeant d’une augmentation de 57 % à venir … Tout en lui posant un ultimatum en trompe-l’œil (prends ça, Cédric Grolet) : le client avait 1 mois pour accepter l’augmentation.
Une fois la période de réflexion passée et sans retour de sa part, l’augmentation passait de 57 à 264 % ! Tu parles d’une alternative…
Si la raison invoquée – le développement de fonctionnalités pour la facturation électronique – s’entend, la pratique consistant à donner à l’utilisateur l’illusion d’un choix (à faire en un temps record) pose davantage question.
4. Le service au rabais
Autre exemple glané sur LinkedIn, cette fois-ci dans un post de Stéphane Menet, fondateur et dirigeant de l’agence de transformation digitale Digital Korner : celui de l’hébergeur o2switch, qui envoie un mail pour leur annoncer une augmentation de 128 %…
Tout en les prévenant du fait qu’en choisissant l’offre inférieure, les performances seront moins bonnes. Une aussi fourbe que brillante manière de faire subir le client, qui perd d’une manière ou d’une autre.
5. Le tour de passe-passe tarifaire
On n’a pas d’exemple précis à vous citer, mais c’est un cas de figure qui se présente souvent : pour augmenter discrètement leurs tarifs, les éditeurs de SaaS procèdent parfois à des changements d’unité de mesure.
Le principe est simple : le coût de l’abonnement ne change pas, sauf que l’utilisateur ne paie plus pour un nombre d’utilisateurs actifs mais pour une quantité de crédits consommés (par exemple).
Résultat, la facture des plus gros utilisateurs s’envole… Et “just like that”, comme dirait Carrie Bradshaw (on a les références qu’on mérite), l’augmentation est là.
Comment se protéger contre les augmentations de prix ?
1. Faire le point chaque année
Jusqu’ici, la méthode la plus efficace que l’on ait trouvé pour se prémunir de ces augmentations barbares (quitte à être drama queen, autant y aller à fond), c’est d’être attentif.
Pour éviter de vous faire enfumer, on vous recommande d’avoir une connaissance parfaite de votre écosystème logiciel : les SaaS auxquels vous êtes abonnés, leurs tarifs, les fonctionnalités/nombre de licences associés… Ne restez pas dans le flou.
Pardonnez-nous le cliché mais dans cette situation, le savoir est une arme – cliché valable dès lors que l’on cherche à diminuer son budget SaaS.
2. Mapper les logiciels à risque
Quand on dit « à risque », on pense aux logiciels dont l’augmentation des tarifs est susceptible de poser problème, par exemple :
- Ceux critiques pour l’activité, tels que les logiciels pour la paie ou de comptabilité ;
- Ceux difficiles à remplacer – changer de CRM peut nécessiter plusieurs mois, ne serait-ce que pour former les utilisateurs ou migrer les données ;
- Ceux qui créent un fort verrouillage : une fois que l’on a investi du temps et de l’argent dans un logiciel, on est moins enclin à en changer.
On pense en l’occurrence aux logiciels CRM logiciels de comptabilité, de paie, d’automatisation… Et plus généralement, aux “logiciels lourds”, que l’on vous conseille de recenser afin d’avoir une idée précise de vos zones de vulnérabilité.
À noter : à l’heure où la guerre des prix des logiciels fait rage, la SaaS fatigue (l’overdose de SaaS dans les entreprises et la remise en question du gain de productivité qu’ils génèrent) risque de jouer un rôle déterminant dans les années à venir.
3. Négocier les tarifs en cas d’augmentation
Connaître par cœur son écosystème logiciel et mapper les SaaS à risque n’empêche pas les augmentations.
Lorsque ces dernières surviennent, la seule solution qui s’offre à l’utilisateur est de négocier. Et croyez-en notre longue expérience chez Tool Advisor : certaines négociations donnent des résultats.
Pour reprendre l’un des exemples cités ci-dessus : suite à notre coup de gueule, WP Rocket a accepté de différer l’augmentation annoncée d’un an. La preuve que parfois, un mail bien senti peut faire une vraie différence !
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