SaaS Fatigue : l’overdose de SaaS en 8 chiffres

auteur-juliette Par Juliette Lécureuil | Le 23/06/2026

Les entreprises utilisent moins de SaaS qu’en 2022… Mais toujours trop de SaaS pour que cela n’ait pas de conséquences sur le quotidien de leurs salariés et leurs finances. On appelle cela la SaaS fatigue.

Dans cet article, on tente de décrypter ce phénomène en quelques chiffres parlants. Bonne lecture !

1) Les entreprises utilisent 106 SaaS en moyenne

Ce n’est pas seulement pour l’effet de style que l’on parle d’overdose de SaaS : selon l’étude State of SaaS menée chaque année par la plateforme de gestion des SaaS BetterCloud, le nombre de SaaS par entreprise était de 106 en 2025… C’est beaucoup

Pour vous donner un ordre de grandeur, on en dénombrait 16 en 2018, alors qu’internet était déjà totalement installé dans les entreprises – on ne vous fait pas l’affront de comparer avec le milieu des années 1990. 

Et encore, ça dépend qui compte (comme pour le nombre de manifestants)… Selon la plateforme de SaaS management Zylo dans son 2026 SaaS Management Index, une entreprise gère en moyenne 305 applications.

2) Leur stack a baissé de plus de 18 % entre 2022 et 2024

Si l’on s’en tient à l’étude State of SaaS 2025, on voit qu’il y a eu un pic en 2022, avec une moyenne de 130 SaaS par entreprise… Pour 106 en 2024 (le chiffre le plus récent puisque l’édition 2026 avec les chiffres de 2025 n’est pas encore sortie).

Soit une baisse de plus de 18 %, qui traduit peut-être – on ne le verra que dans quelques années – la volonté des entreprises de faire baisser un peu le volume d’applications qu’elles gèrent. 

3) 44 % des licences souscrites ne sont pas utilisées

À croire que les SaaS sont la déclinaison digitale des salles de sport : sur la totalité des licences souscrites, 44 % ne sont pas utilisées par les salariés – info utile pour briller : on estime que 20 à 30 % des abonnés d’une salle de sport n’y mettent jamais les pieds. 

Là aussi, c’est un chiffre issu du 2026 SaaS Management Index de Zylo, qui montre que les logiciels en question ne couvrent pas forcément un besoin vital, ou ont été souscrits pour rien – par exemple, pour toute une équipe projet alors que seuls deux salariés en ont l’utilité.

4) Les entreprises sans gestion centralisée dépensent 25 % de plus dans leurs SaaS

C’est un chiffre que l’on trouve facilement (sur tous les blogs des plateformes de SaaS management, comme par hasard) mais on a mis du temps à trouver LA source qui nous convienne

Selon le Gartner Magic Quadrant for SaaS Management Platforms, les entreprises qui n’utilisent pas d’outil pour le SaaS management dépensent au moins 25 % de plus que nécessaire en droits inutilisés et en doublons entre les outils.

Pour une entreprise de taille moyenne qui dépense 5 millions de dollars par an en SaaS, cela représente 1,25 million de dollars gaspillés en licences inutilisées et en fonctionnalités redondantes. 

Quand on lit ça, on a une petite idée de l’ampleur des conséquences financières de la SaaS fatigue sur les entreprises.

5) 56 % des salariés estiment que la SaaS fatigue affecte leur travail négativement

Les chiffres sur l’overdose de SaaS sont pour beaucoup publiés par les outils de gestion des SaaS, afin de démontrer la nécessité d’en utiliser un. Et on ne critique pas le fond : la SaaS fatigue est quand même moins fatigante avec un logiciel de gestion.

Le problème, c’est que ces chiffres démontrent rarement l’incidence de la multiplication des SaaS sur le quotidien des salariés. 

Pour y pallier, la plateforme de traduction et de localisation de produits digitaux Lokalise a interrogé 1000 cadres américains issus de 11 secteurs d’activité dont le travail repose sur des outils numériques. 

Sur ces 1000 cadres, 56 % estiment que la SaaS fatigue – ils mentionnent le toggling (le fait de passer en permanence d’un outil à un autre) les notifications (la surcharge attentionnelle) et la redondance des outils –, affecte leur travail négativement. 

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6) Un salarié utilise en moyenne 18 applications par jour

Selon le Hubstaff 2026 Global Work Trends and Benchmarks Report, les salariés utilisent environ 18 applications par jour. Et c’est une moyenne : pour les professionnels du SEO, le chiffre grimpe à 36

Et quand on jongle entre 36 apps différentes, il y a des chances que les SaaS fassent plus perdre de temps qu’ils n’en font gagner, et conduisent à faire plus d’erreurs qu’elles ne permettent d’en éviter.

Avec la multiplication des outils et leur potentielle redondance, les salariés doivent non seulement faire du toggling, mais aussi ressaisir certaines données si les apps ne communiquent pas entre elles.

Qui dit ressaisie, dit pertes d’infos… Soit l’exact inverse de l’objectif principal d’un SaaS. 

7) 1200, c’est le nombre de fois/jour où les salariés passent d’un app à une autre

Pour illustrer le fameux toggling dont on parle à plusieurs reprises dans cet article, rien n’est plus parlant que ce chiffre issu d’un article de la Harvard Business Review sur le temps et l’énergie que ce dernier fait gaspiller

Chaque jour, les salariés switchent 1200 fois d’une application à une autre, portant le temps passé à recaler son esprit sur le bon logiciel à 4h par semaine (soit 9 % de leur temps de travail). 

8) 55 % des salariés souscrivent aux SaaS sans notifier l’IT

C’est une des conséquences négatives de la surconsommation de SaaS : selon le State of SaaS Security Report 2025 publié par l’organisation à but non lucratif CSA, 55 % des licences sont souscrites sans l’aval des services IT – sans qu’elles soient au courant.

Coûts cachés, problèmes de sécurité, de perte de contrôle et de conformité… L’augmentation du “shadow IT” a des conséquences non négligeables sur les entreprises concernées. 

Les SaaS, c’est comme l’alcool : un peu c’est bien… Trop, c’est trop – ne nous remerciez pas pour l’extrême sagesse de cette phrase, c’est cadeau. 

Et si l’on devait faire un pari sur l’avenir, on dirait que l’essor des LLM agentiques va sans doute faire le tri entre les SaaS vraiment utiles et ceux qui ne sont finalement que solutions gadjets. Wait and see ! 

auteur-juliette Juliette Lécureuil

Journaliste

Juliette est journaliste, rédactrice et community manager freelance.

Diplômée de l’École publique de journalisme de Tours et passée par Prisma Media, l’EFS et LCI, Juliette écrit sur tous les sujets liés à l’entrepreneuriat et aux logiciels B2B.

Ses trois logiciels préférés : Notion pour l’organisation, Indy pour la compta et MerciApp pour l’orthographe irréprochable.

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